Partager l'article ! Bienvenue chez les crados 1ère partie: La vie est une grande inconnue capricieuse. On pense toujours ...
La vie est une grande inconnue capricieuse.
On pense toujours qu'on peut la contrôler peu ou prou, mais en fait il n'en est rien.
Par exemple, quand on est jeune, on se dit " moi je ferais ca… ", " je ferais en sorte que… ", " il ne faudra pas que… ", etc.
Et la vie vous passe dessus avec son cortège de joies et de peines, de tuiles qu'on n'aurait jamais imaginées mais aussi parfois de bonheurs incroyables.
A soixante ans plus que bien sonnés, je suis revenu de tous ces raisonnements qui nous font croire qu'on maîtrise notre existence.
Et maintenant, j'en suis arrivé à tout simplement prendre les événements comme ils arrivent, n'attendant rien de particulier, essayant de colmater au maximum les difficultés qui se sont amoncelées depuis maintenant plus de dix ans.
Ce petit préambule pour vous dire que je n'aurai jamais imaginé vivre ce qui va suivre…
Je ne vais pas raconter ma vie, simplement planter un léger décor pour situer l'origine de la situation que je vais décrire.
Un problème familial qui me tombe sur la figure brutalement, un déménagement forcé et l'atterrissage dans un bled ou je vais mourir d'ennui, la perte des
quelques amis et relations que j'avais, et surtout, une santé qui va décliner à toute vitesse et me rendre la vie à ce point insupportable que je vais être obligé de trouver une solution pour au
moins survivre.
C'est comme cela que je me suis mis à chercher une alternative ou je n'aurai plus à assumer toutes les tâches quotidiennes ( faire à manger, les courses, la lessive, le ménage, tondre, etc.
)
J'ai eu la chance ( enfin, au début s'en était une… ) de trouver un couple qui faisait famille d'accueil.
Ces gens ont en charge deux ou trois ( selon les décès… ) personnes soit âgées, soient atteintes d'un handicap qui les empêchent de vivre seules.
Le hasard a fait qu'ils avaient justement un petit appartement de deux pièces dans leur maison qui venait d'être libéré pour cause de décès de la mamie précédente.
L'affaire fut vite réglée: en une semaine je quittais ma maison, que je vendrais quelques mois plus tard, et m'installais dans ce nouvel univers ou je pensais rester jusqu'à la fin de mes jours.
Mon statut était particulier, j'étais locataire et non pas " accueilli ", c'est à dire que, par exemple, ils n'avaient aucune responsabilité envers moi et que je faisais ce que je voulais.
Juste une location, en somme.
Ce qui m'avait déterminé, c'est surtout que, en échange d'une pension, je prenais tous les repas avec la famille et étais blanchi, ce qui m'enlevait 90% des soucis que je ne voulais et ne pouvais plus assumer.
C'est là que l'histoire commence.
Maintenant, accrochez vous, parce que ca va être rock and roll !!!
Déjà, à ma première visite avant de me décider, je tombe sur une famille avec trois enfants, 4, 5 et 9 ans.
C'est pas un problème, je pense aimer les enfants.
Ce qui me choque un peu, c'est que les mômes se mêlent immédiatement de la conversation, rendant celle ci pour le moins malaisée. Vous vous imaginez discutant de conditions avec des enfants de 4 et 5 ans qui sont là à piailler et mettre leur grain de sel !
Les parents ne leur disent rien, ne les font pas taire.
Je suis assez surpris, mais bon.
J'en verrais d'autres !
Ce qui m'avait aussi choqué, c'était cette impression, confirmée par la suite, d'un bor… pas possible doublé quand même d'une certaine saleté.
Il faut dire que de toute ma vie, j'ai toujours eu, même aux pires périodes, à cœur de tenir une maison propre et d'être attentif à ma tenue corporelle.
Là, dès le départ, je doute un peu, quand même…
Les enfants sont manifestement habillés n'importe comment.
Et puis, quelle curieuse tenue que d'être en chaussettes dans la maison.
Les chaussons, ca existe, non ?
La mère, elle, est carrément pieds nus !
Il faudra que je m'habitue à cette vision, puisque d'un bout de l'année à l'autre ce sera comme ca, les enfants étant d'ailleurs plus souvent pieds nus…
Et sans culotte.
Voir carrément totalement à poil !!!
Il faudra aussi que je m'habitue à voir ce petit monde aller dehors dans la même tenue…
Les enfants dans le jardin en chaussettes !
Avec les merdes des trois chiens, puis des sept…
Je ne vous dis pas l'état de celles ci: crados, noires, ramassant toutes les cochonneries et évidemment trouées.
Idem le dessous des pieds de la mère.
Au début, j'ai cru que c'était un peu par inadvertance, et je me suis permis un:
( on s'est tutoyés rapidement ):
- Tu crois pas que ca serait mieux avec des chaussons ou chaussures ?
Elle ne m'a même pas répondu.
Et puis, ce fouillis indescriptible dans la maison.
Tout traîne: des livres par terre, des vêtements, les jouets ( ça encore… ), j'aurai même le droit à des slips et culottes errant ca et là…
Et même une fois sur la table, en mangeant !
Je découvrirais que les vêtements, ici, on les range rarement: les enfants rentrent du dehors et les jettent comme ca, par terre !
Il y a un canapé, ou plutôt ce qui en était un.
Des entailles de vingt centimètres dont on se demande comment ils ont pu faire ça et d'où la mousse s'échappe !
Bon, il va falloir faire avec tout cela.
Heureusement, j'ai mon appartement et je ne vivrais pas dans cette ambiance.
Arrive l'heure du premier repas.
On est alors huit à table ( les parents, les trois enfants, deux mamies et moi ).
Ca me fait drôle, moi qui ai été seul pendant quatre ans.
Je vais tout de suite comprendre que ces repas, loin d'être des moments conviviaux, vont rapidement tourner au calvaire.
Les parents demandent aux enfants de mettre la table.
Louable intention, sauf que ce menu service va tourner à chaque repas en véritables westerns, avec cris, pleurs et hurlements.
C'est à qui mettra quel couvert à tel endroit, qui voudra tel verre ou assiette et pas une autre ( sachant qu'ils peuvent vouloir celui ci à un repas et pas au repas suivant ).
Ca crie, ca pleure, ca se bat, ca hurle, je suis sidéré de voir et entendre cela.
Les parents sont imperturbables, intervenant rarement et mollement et n'étant de toute façon pas écoutés.
Cela va être ainsi pendant les deux années et demi ou je vais loger chez eux !
Pas un seul repas ou la même comédie ne se reproduise inlassablement sans que les parents fassent preuve de la moindre autorité.
Une fois, croyant bien faire et éviter les insupportables scènes, j'avais décidé de mettre moi même la table.
Mal m'en pris, car les mêmes caprices et jérémiades découragèrent ma bonne volonté.
J'avais essayé une fois, je ne retentais plus jamais l'expérience, me contentant d'attendre chez moi qu'on vienne me chercher pour manger.
Et ce n'est pas tout !
Parce qu'avant de commencer un repas, il faut endurer une nouvelle série de simagrées ou chaque enfant veut manger qui à coté de maman, qui à coté de papa, qui pas à coté de sa sœur, etc.
C'est insupportable, parce que là aussi, les cris, les pleurs et les hurlements sont obligatoires.
Et il faut bien imaginer que c'est à chaque repas, chacun ayant des exigences différentes à chaque fois !
Et toujours ce mutisme benoît des parents, comme s'ils n'entendaient et ne voyaient rien, avec toujours une espèce de condescendance mêlant la chèvre et le chou, appelant chacun à faire preuve de tolérance mais sans aucun résultat: ce sont les enfants qui ont le dernier mot.
Pourtant, ce n'est pas compliqué de décider d'une place pour chacun une fois pour toute !
Mais j'apprendrais que ces gens ont des conceptions sur l'éducation des enfants tout à fait irresponsables.
Arriver à mettre tout le monde à table est donc déjà un exploit.
Pendant ce temps on attend pour manger…
Attendre fait d'ailleurs partie du rituel des repas puisque les heures de ceux ci sont élastiques à l'extrême, la maîtresse de maison pouvant décider d'aller faire les courses à midi ou à dix neuf heures trente…
On pourrait penser qu'une fois tout le monde casé le repas se déroulera normalement.
Erreur grossière.
Je constate rapidement que les repas seront constamment des pénitences qu'il faudra endurer sans protester.
Parce qu'une fois à table, les enfants ne se calment pas pour autant.
J'allais oublier de préciser qu'il n'est pas rare qu'une gamine mange entièrement (!) nue à table parce qu'elle a trop chaud…
Déjà, la continuelle litanie des " j'en veux pas ", ou " je veux tout ", qu'on peut admettre chez des enfants quand ca ne dégénère pas systématiquement en pleurs et cris…
Evidemment, les " j'en veux beaucoup " sont systématiquement conclus par des assiettes qui restent pleines pendant que nous on n'a pas osé en prendre trop.
Et puis le bruit, infernal.
Trois enfants qui ne cessent de piailler, de se mêler de toutes les discussions, de se mettre à pleurer et hurler pour le prétexte le plus futile, de se lever vingt fois !
Et quand je dis hurler, ce n'est pas une exagération: une nouille en trop qu'on leur sert et c'est pire que si on les torturait.
Des enfants qui exigent et ont le droit de se servir tout seuls, et qui, c'est forcé vu leur âge, en mettent partout.
La aussi, toujours le même refrain: ils veulent se servir seuls à boire et systématiquement tout va à coté du verre.
Et à table ne veut pas dire moins " turbulents ".
C'est la routine de les voir quitter la table en plein repas et se mettre à sauter partout dans la pièce, jouer au ballon ou toute autre activité forcément agréable quand vous êtes à table, se mettre debout sur les chaises, etc.…
Et c'est pas mieux pour les parents.
A tous les repas, la mère disparaît tout à coup, va faire des choses sûrement devenues urgentes ou va se planter devant le P.C. !
Ou ils ont subitement à se dire des choses importantes et secrètes…
Il arrive quasiment tous les jours qu'on se retrouve seuls, à table, en plein repas, parce que, évidemment, les enfants font pareil.
Ou que tout à coup, la mère se mette à chanter, aussitôt suivie par les enfants…
En tout cas, en deux ans et demi, je n'ai pas vu un seul repas normal.
Et la tenue !
Une des gamines, qui a quand même aujourd'hui six ans, mange avec ses doigts ( l'autre aussi, d'ailleurs, mais bon, elle n'a que cinq ans, soyons tolérant… ! )
Je dis bien avec ses doigts, je n'exagère rien.
Vous imaginez manger des plats en sauce avec les doigts ?
Vous voyez le tableau lorsqu'elle malaxe le beurre ou le fromage avec les doigts ?
Et où croyez vous qu'elle essuie ses mains pleines de gras ?
Sur ses vêtements !
Et si ce qu'on a dans la bouche ne plaît pas, on recrache dans l'assiette.
On se sert avec la cuillère, on essuie celle ci avec la bouche, et on la remet dans le plat.
Ou même, on remet dans le plat, avec les doigts, ce qu'on ne mange pas !
Bon appétit.
Et les parents ?
Rien, aucune réaction, surtout de la mère qui accepte avec admiration absolument tout des gestes, volontés et caprices de ses enfants.
D'ailleurs, elle m'a expliqué: triturer la nourriture à pleines mains et manger de même est un acte de découverte normal chez les enfants.
Oui, à six ans passés… !
Par exemple, cette semaine, il y avait de la purée.
La gamine s'est amusée à mettre les deux mains à plat dans l'assiette et à tout triturer ( la mère assise à ses cotés: aucune réaction ! ).
Le père serait un peu moins permissif, c'est à dire que de temps en temps il est capable de dire:
Mais jamais suivi d'aucune autre réaction, ce qui fait que la gamine ne lève même pas la tête et continue de plus belle, habituée à ce que les rares réprimandes ne soient jamais suivies de la moindre sanction.
Voir même à ce qu'elle regarde effrontément son père qui tourne alors la tête …
Une autre des habitudes, c'est, une fois servie(s), de ne pas manger mais parler, parler, faire la mariole, quitter vingt fois la table, ce qui fait que lorsqu'on en est au fromage elle n'a pas commencé l'entrée !
Je n'ai jamais entendue une seule fois la mère promettre une baffe.
Par contre, tous les jours j'ai entendu le père dire au moins dix fois:
En s'écrasant à chaque fois devant les volontés gamines.
Ou encore, par exemple, les mômes qui veulent encore de tel plat alors qu'ils n'ont même pas commencé ce qu'ils ont dans leurs assiettes.
Dans ce cas, il arrive parfois que le père dise non, avec raison.
Alors la gamine se tourne vers sa mère en hurlant et systématiquement celle ci lui resserre à manger ( qui restera bien sur dans l'assiette ! )
D'ailleurs, dès que le père, qui ne vaut pas mieux que sa femme question éducation, mais a au moins le mérite de pousser quelques ( rares ) coups de gueule fort justifiés, élève un peu la voix, aussitôt la mère lui fait des " chut ! ", " calme toi ! " et autres " c'est des enfants ! ", " pourquoi tu t'énerves comme ca ? ", " c'est pas méchant "… qui font que les enfants ont toujours gain de cause et qu'il la referme !
Une fois que les grands parents étaient invités à manger, outre les bavardages et cris incessants des adorables créatures, le gamin avait décidé en plus de nous pourrir encore un peu plus le repas avec un pistolet à billes qu'il a fait claquer pendant tout le repas.
Repas assorti aussi des éternelles criailleries des deux gamines.
A un moment, le grand père, qui a mon âge, a demandé s'il n'était pas possible qu'on mange un peu dans le calme.( on ne pouvait même pas parler entre nous ).
Mal lui en a pris, il s'est vu rétorqué qu'un enfant ca devait vivre et qu'on n'avait pas à intervenir dans sa vie !
Mais le môme, lui, il a le droit de pourrir la votre !
Argument suprême, il fut répondu au grand père:
Ce qui était d'une logique évidente…
Je l'ai déjà dit aussi, le reste du temps, les enfants ne parlent pas: ils hurlent.
Je n'avais jamais vu, entendu ( ni supporté ! ) cela.
C'est deux cent fois par jour des hurlements et autres cillements sans aucune raison valable.
En sachant qu'à 23 ou même 24 heures, ils ne sont pas couchés !
C'est deux cent fois des braillements parce qu'ils ne peuvent pas jouer ensemble plus de deux minutes.
C'est autant de fois ou l'on va " le dire à maman " bien sur en hurlant encore plus fort, dès fois qu'elle n'entende pas.
Pour en revenir à la tenue à table, il n'est pas exagéré de dire que le beurre ou la sauce finissent la plupart du temps dans les cheveux, cheveux qui de toute faucon traînent dans l'assiette parce que, évidemment, on se tient complètement avachi.
Le garçon, qui lui a maintenant 11 ans, ne mange pas avec ses doigts, il se contente simplement de mettre les genoux, voire même les pieds, nus ( si, si ! ) sur le bord de table !
Il est même tout à fait capable de se tripoter les pieds…
Et il faut voir l'état de la table après manger: de la nourriture partout, et autant par terre, écrasé par les incessants va et vient.
Je passe sur le nombre impressionnant de verres et d'assiettes cassés.
Pas une semaine ou ca ne tombe pas.
Parce qu'on fait le gugusse avec les couverts, on joue avec, les mains pleines de gras, alors évidemment ca fini en mille morceaux.
La aussi, au début, j'ai essayé de faire comprendre que ce n'était pas normal ce carnage, et qu'on pouvait expliquer à des enfants ce qu'on fait ou pas avec de la vaisselle, comment on la manipule, mais il me fut répondu:
Alors, je n'ai plus jamais rien dit et ignoré totalement les casses répétées.
Rien d'étonnant alors si je précise que la vaisselle de la maison est faite d'un bric à brac hétéroclite de restes d'assiettes totalement dépareillées, la plupart de celles ayant pour l'instant échappé au massacre étant ébréchées de toutes parts.
C'est très tendance, et les couteaux et fourchettes, c'est du même acabit, sauf que ca ne se casse pas…
Il n'y a pas un couteau pareil, on peut se retrouver un jour avec un de vingt centimètres et le repas suivant avec un sans manche !
Quand je suis arrivé chez eux, je leur ai donné toutes mes assiettes, couteaux et couverts, dans un état irréprochable, bien sur.
Les couteaux: jamais revus, sans doute trop beaux.
Les assiettes: aperçues, le temps qu'elles partent en morceaux.
On mange donc avec des assiettes totalement dépareillées, ébréchées, à la limite de la rupture et dont vous ne voudriez même pas pour mettre sous un pot de fleurs.
Un jour qu'il y avait un dessert, j'ai compté: pour neuf qu'on était il y avait six sortes d'assiettes différentes…
Je ne vous parle pas des serviettes de table: vous n'essuieriez pas votre jauge à essence avec.
Tellement sales et imprégnées que même un passage en machine n'enlève ni les taches ni l'odeur.
Il y a belle lurette que je mange sans.
Vous vous en doutez, tout cela contribue au plaisir des repas…
Et encore, j'allais oublier ce qui s'est passé il y a environ un mois.
Nous étions à table.
Pour changer, les parents avaient disparus, soudainement occupés à des taches urgentes.
Comme à chaque fois, ce fut immédiatement le bor… le plus total.
On mangeait des nouilles.
Les braves enfants ne trouvèrent rien de mieux que de se jeter les pates à la figure, pour jouer.
Et comme ca ne suffisait pas, ils se mirent à en jeter sur Nathalie ( une dame dont je parle plus loin ).
Evidemment, Nathalie leur a demandé d'arrêter immédiatement, et, comme ils sont bien élevés et habitués à obéir ils ont continué de plus belle en la narguant.
Au bout d'un moment, Nathalie fort justement excédée ( vous vous imaginez des pates jetées sur les vêtements ! ), s'est levée pour aller mettre une baffe à une gamine.
Comme par hasard, le père, qui avait disparu est soudainement apparu et a crié
Comme si Nathalie allait égorger sa gamine.
Et que croyez vous qu'il dit aux gentilles créatures ?
Rien, si ce n'est un vague et mol:
- arrêtez…
Moi, je bouillais de colère.
Mais avec moi, les mômes ils ne jouent pas, car ils ont compris que j'étais pas un rigolo.
D'ailleurs, j'ai pris le parti de les ignorer totalement, même si intérieurement j'en peux plus.
Une fois, les parents étaient partis deux ou trois jours… adorer des pierres magiques en Bretagne.
Nous on était restés avec une des gamines et une personne extérieure qui nous faisait à manger.
Un moment, à table, la gamine ( 5 ans ) me regarde et me dit:
Comme ça, sans raison.
Ca a pas fait un pli, elle a ramassé une baffe dont elle n'avait jamais supposé l'existence et est allé pleurer dans sa chambre.
Non mais !
Il faut dire que dans leur grand esprit de liberté et d'enfants qui doivent découvrir librement la vie, toutes les audaces sont permises, alors les gros mots…
Ca fuse à table, et les parents sont béats devant tant d'esprits précoces…
Il n'est pas rare qu'un enfant demande:
On rote sans problème ni remarque.
C'est très rigolo de lancer des:
- bite au c.. !
Tout cela est évidemment normal et est sans doute le présage de grands esprits futurs.
Un jour, se mêlant une fois de plus d'une conversation, la gamine de cinq ans demande:
Si vous êtes un tant soi peu intelligent, vous éludez adroitement cette question qui n'a pas a être résolue par une enfant de cet âge.
Et bien non, la mère c'est mise à lui expliquer ce que c'était !
Une autre fois:
Et puis, comble du raffinement ( c'est pas vieux, c'était il y a trois jours ), le père a trouvé un site Internet avec plein de chansons paillardes.
Alors à fond la sono et tout le monde a entonné des " curé de Camaret… " et autres " quand j'avance tu recules… "…
Educatif, pour de ( très ) jeunes enfants.
Allez, je reviens à ces repas qui sont une mine inépuisable et reflètent la plus grande fantaisie, pour rester correct.
Déjà, il faut savoir que ces gens ( 40 ans pour elle, 38 pour lui ) sont des adeptes de tout un tas de croyances, médecines autant parallèles que douteuses et autres magnétiseurs.
J'y reviendrais…
Alors, on n'utilise pas, ou très peu, de beurre, parce qu'on a lu dans des livres autant savants que je suis martien que le beurre était un poison.
Youpi quand il y a des pates ou du riz !
Vous imaginez des pâtes pour huit ( même neuf dernièrement ) avec juste deux cuillerées d'huile d'olive dedans ?
Moi qui adore les pâtes suis contraint d'en prendre un minimum, juste histoire de manger un peu.
De toute façon elles ne sont quasiment jamais cuites.
J'ai regardé: ils mettent deux paquets de pates dans un litre et demi d'eau !
Quand il en reste, on met ca au frigo, pas protégé pour que ca sèche bien, puis on les fait sauter dans la poêle, juste avec une goutte d'huile, et hop ! resservies.
Parfois cinq jours plus tard …
Les pâtes sautées, brûlées, craquantes tellement elles sont desséchées, ils adorent ca !
Idem les haricots verts: noirs de brûlé.
Mais bio !
Je mange à coté d'une grand mère qui, comme moi, aime quand même bien un peu de gras dans les épinards… alors, parfois, je vais au frigo et sort le beurre dans un climat de réprobation dont je me fous.
Et la mamie me fait un clin d'œil avec un sourire …
Encore qu'il faut un certain courage pour se servir en beurre !
Parce que, ledit beurre, il est resté dans son papier d'emballage ( bon, pourquoi pas, de toute façon, un beurrier, il n'aurait pas vécu une semaine… ) et qu'à force d'être tripoté et malaxé par des mains autant enfantines que pas lavées, il y en a autant dehors que dedans et qu'il faudrait des gants pour se servir.
Ajoutez à cela qu'il y a dedans des résidus divers, pain, biscottes, confiture, des morceaux qui manifestement ont été remis dedans, bref il faut vraiment avoir envie de beurre.
Les enfants n'essuient jamais leurs couteaux, alors ils peuvent très bien se servir en beurre après avoir coupé de la viande ou du fromage, le must étant de les voir nettoyer leur couteau avec la langue puis le plonger dans le fromage !
Au fait, le beurre c'est poison (sic), mais les marmots en mangent à pleines mains !
Ici, on ne mange pas de yaourts, parce qu'ils ont lu on se sait où que les yaourts, comme le beurre et le lait, c'est des poisons que Danone veut nous forcer à ingurgiter ( c'est leur théorie, mais il y en a bien d'autres, encore plus saugrenues ).
En plus de la joie d'être à table, il faut supporter les raisonnements et affirmations de la plus grande idiotie.
Ils sont sans arrêt en train de calculer que tel aliment contient tant de minéraux, que tel autre tant de vitamines, de nutri-éléments, et les protéines machin, les oméga 3 et les oligo éléments trucs etc.
Alors ils font des lentilles ou du riz ( marron… ) pas parce que ca pourrait être bon à manger, mais parce que c'est sensé contenir ceci et cela !
J'ai bien essayé de leur expliquer qu'une alimentation normale suffisait à apporter à notre organisme tout ce qu'il a besoin: peine perdue.
C'est à tel point qu'à chaque repas, ils sortent tout un tas de bocaux de graines sensées contenir tels ou tels principes absolument nécessaires pour être en bonne santé et en arrosent tous les plats.
Enfin, les leurs, parce que moi, les graines d'oiseaux, je leur laisse.
Et ca va encore plus loin, parce qu'elle a lu ( ou que la guérisseuse/magnétiseuse/escroc leur a affirmé ) que faire pousser des germes et les consommer était un gage de bonne santé ( et plein de minéraux, leur grand dada ).
Alors, on trouve dans la cuisine divers coupelles, d'hygiène douteuse, ou elle met à pousser des graines de radis ou de tout ce qui peut pousser, tout ceci trônant évidemment parmi la saleté.
Dès que les graines sont levées, elle les ajoute à toutes les salades qu'elle fait.
Ainsi, s'il y a des carottes râpées, il y a autant de carottes que de pousses diverses, plus, évidemment, toutes les autres graines…
Elle a néanmoins compris que je n'aimais pas ca, ni les autres pensionnaires, d'ailleurs, alors ils se régalent en famille…
Il faut que je précise, à ce stade de mon récit, que tout ce que je raconte est absolument authentique dans le moindre détail, et que je vais même certainement en oublier.
Je reste toujours sur les repas parce que c'est vraiment inimaginable.
Depuis cinq mois, ils ont un nouvel enfant.
La mère a lu dans je ne sais quelle revue qu'il fallait " materner " son enfant.
Pourquoi pas, cela part d'un sentiment admirable et de toute façon je ne peux pas juger.
Alors, toute la journée, elle le trimballe sur elle.
Elle se lève le matin ( enfin, le matin, il est parfois 10h30 ! ) et descend avec le gamin déjà dans les bras.
Elle déjeune d'une main avec le bambin dans l'autre.
Le reste du temps, elle le porte dans un espèce de vêtement-sac qu'elle a autour du cou et fait tout ainsi ( enfin, tout, elle ne fait pas grand chose, j'y reviendrai ).
C'est très tendance: sûrement un truc hindou…
Certes, j'ai vu d'autres mamans portant leur enfant de cette façon, mais quand même, pas du matin au soir ? !!!
Alors, pas de landau ni poussette.
Une anecdote en passant.
Pendant deux ou trois jours, une espèce de grand châle d'environ deux ou trois mètres de long a traîné dehors, dans l'herbe, parmi les crottes de chien.
Je n'y ai pas prêté attention: tout traîne à l'extérieur, des vêtements, des chaussettes balancées ça et là, des outils, des assiettes (!), des paquets de gâteaux, des serviettes de bain, etc.
Le machin a subi un ou deux orages, il a servi de couchette au chien aussi crado que ses maîtres ( mais bon, pauvre bête, c'est différent ), les mômes avaient joué avec, bref c'était une loque crasseuse.
Et que ne vois je pas au bout de trois jours ?
La femme qui va ramasser ce torchon, l'enroule autour de son cou et met le bébé dedans !
Donc, bébé est trimballé toute la journée dans un torchon bien crado.
Moi, ca ma vraiment paru excessif de porter ainsi un enfant du matin au soir…
Enfin, si c'est " conseillé " par un gourou…!
Sauf qu'à maintenant six mois, le bambin, qui a été habitué à être trimballé toute la journée n'accepte plus la moindre minute posé ou allongé seul et braille à tout va.
Dès que bébé pleure, ( et il y va ! ) hop, il a droit au sein.
Je ne suis vraiment pas spécialiste, mais je me demande si c'est normal de donner 15 ou 20 tétées par jour…
A mon avis, le lait de la mère ne doit pas contenir beaucoup d'éléments nutritifs, avec le régime qu'elle a.
Elle mange d'une main, tenant le bambin de l'autre, lui donnant parfois le sein deux fois dans un repas !
Normal, non, toutes les mères font ca ?
Tout le temps.
Et le pauvre bébé est déjà soumis à la loi de la crasse.
Il est tout à fait courant qu'il soit, dans un couffin aux taches douteuses, déposé sur le sol de la cuisine, oui, par terre, en plein milieu, à coté de la poubelle malodorante ( je vous jure que c'est vrai ) le tas de légumes en train de se décomposer, diverses ordures et les balais.
J'ai même vu la fois ou il fallait l'enjamber pour accéder au lave vaisselle !
Pas plus tard qu'avant hier, le couffin traînait dehors et les enfants s'amusaient à se vautrer dedans les pieds nus.
Pour tout vous dire, la corbeille du chien est juste un peu plus propre que ledit couffin…
Hier, le bébé était sur la table, dans une espèce de fauteuil crasseux où aucun coup d'éponge n'a jamais enlevé la moindre tache.
Un truc genre balancelle.
Qui avait déjà du servir à des arrières parents …
Il y a un petit matelas complètement ouvert et d'ou la bourre s'échappe ( ! ) sans que ca les gêne: c'est pourri donc c'est bien.
Et puis, comme ça bébé peut tranquillement mettre la bourre à sa bouche.
Pas plus tard qu'hier, on était à table.
Elle avec bien sur le bébé sur elle.
A un moment, elle se plaint quand même de ne pouvoir manger normalement.
J'ai eu un geste de pitié, et comme j'avais fini, je lui ai proposé de prendre le gamin.
Et c'est là que j'ai découvert que le pauvre bambin avait les ongles de pieds et mains noirs de crasse !
Franchement, j'ai eu mal au cœur, mais que dire, elle m'aurait sûrement expliqué un truc comme quoi ca faisait partie de l'éducation ou de la santé…
A cinq mois, c'est normal, il commence à tout attraper et hop, à la bouche.
Il y avait des feutres qui traînaient sur la table, elle n'a rien trouvé de mieux que de lui en donner un à sucer.
Je lui fais remarquer que c'est pas sérieux, les risques, etc.
Mollement, elle lui a enlevé, et vous savez ce qu'elle a fait ?
Elle lui a donné un crayon papier bien pointu à la place !
Le crayon a évidemment fini dans la bouche avant d'atterrir dans l'œil du gamin, heureusement du bon coté et sans le blesser.
Là, j'ai pas tergiversé, j'ai enlevé le crayon ( d'autant qu'elle était partie ).
Une autre fois, elle lui a mis entre les bras une bouteille en verre !
Je me demande s'ils sont normaux.
Et le pire, c'est qu'ils ne veulent pas acheter une " tototte " parce que c'est encore du poison…
Mais on fait tout sucer au môme.
Tiens, pendant que j'en étais aux repas, un mot sur la cuisine…
Il faut dire que là, on vient d'emménager dans une nouvelle maison, plus grande que la précédente.
Je vous passe le déménagement: n'importe qui aurait tout préparé à l'avance, fait le maximum de cartons, vidé les placards et gardé le minimum dans les frigos.
La, rien: tout a été démonté ou vidé le jour du départ !
Je vous dis pas l'entassement de tout avec n'importe quoi parce que bien sur, au dernier moment, on n'a plus le temps de trier.
Même leurs draps n'ont pas été changés, et quand je l'ai aidée à remonter son lit, je l'ai vu remettre des draps crasseux et pleins de taches…
On a vidé les frigos lorsqu'il a fallu les emmener…
Pas un coup d'éponge, évidemment pas dégivrés, et hop, on les rebranche tels quels.
Bref, un déménagement du même tonneau que les repas.
Comme ils ont les moyens, ils ont fait installer une assez belle cuisine.
Je croyais naïvement qu'avec une maison toute neuve ils allaient au moins faire preuve d'un peu plus d'attention, de rangement et de propreté.
Que dalle !
Sitôt installés, sitôt la même énergie à ne rien changer.
La cuisine est immédiatement redevenue une espèce d'annexe de fourre tout où, malgré la place qui ne manque pas, on a du mal à circuler, entre le couffin, la poubelle, le cageot de légumes, un tabouret inutile mais qu'on laisse en plein milieu et divers fouillis qui n'ont rien à faire ici.
Le plan de travail est un dépotoir permanent ou tout traîne, y compris certains légumes posés ca et là en train de pourrir.
N'importe qui a, dans sa cuisine, au moins un ou deux crochets ou pendent des serviettes et chiffons propres.
Pas ici.
Les torchons trônent en permanence sur le plan de travail, imbibés d'eau en permanence, servant à tout essuyer, les mains, les légumes, y compris les rots de bébé ( beurk ! ), lavés tellement souvent qu'ils en puent la pourriture.
L'évier est un dépotoir permanent ou les légumes qui y trempent côtoient les plats pleins de graisse.
( Tiens, juste une parenthèse: au moment ou j'écris, je viens d'entendre la énième chute de vaisselle dans la cuisine, et il n'est que 10 du matin…).
Le frigo est un hymne à la crasse à lui tout seul.
Bien sur, jamais lavé, on y entasse tout comme ca vient, sans même envelopper ou protéger quoi que ce soit, ce qui fait que tout ce qui y est entreposé se dessèche à toute vitesse. ( imaginez ce que devient un reste de poulet ou de rôti laissé ainsi parfois six jours de suite )
Ca ne les effraie pas de laisser une mayonnaise ouverte cinq jours ou plus et de la resservir.
Et après ils viennent critiquer sur le fait que tous les industriels nous empoisonneraient …
Tout côtoie tout: les trois rondelles de saucisson d'il y a dix jours à coté du reste de gâteau de la même date.
Une fois, j'ai aperçu un récipient ouvert avec un truc rouge ( confiture ? ) dedans.
Une semaine, huit jours, dix.
Un moment, je fais la remarque à la femme, lui proposant de jeter ce qui manifestement ne serait jamais mangé et n'était de toute façon plus mangeable.
Elle me répond de laisser, qu'elle va s'en occuper.
Au moins 15 jours se passent, le récipient est toujours dans le frigo et une mousse de moisi commence à se développer.
Je lui fais à nouveau la remarque, en lui rappelant que quand même, pour quelqu'un qui était toujours en train de chercher les meilleurs aliments pour la santé, ca faisait pas très sérieux.
Mais rien n'y a fait, et un jour ou j'en ai eu vraiment marre de voir cette pourriture, j'ai attrapé le tout et l'ai balancé sans rien dire.
Je me demande comment ca se fait qu'on n'attrape rien !
Ils ont un autre frigo à la cave.
Une fois qu'ils étaient absents, ca a été plus fort que moi, j'ai ouvert ce frigo: à l'intérieur deux carcasses de lapins, posés comme ça, pas enveloppées…
Brrr !
A coté il y a les congélateurs: franchement, je n'ai pas eu le courage de les ouvrir.
Par contre, j'ai fait un tour dans la buanderie.
La, honnêtement, je n'ai pas été surpris puisque j'y amène mon linge.
Juste pour vous donner une idée: tout le linge par terre, mélangé, entassé pendant des semaines, une odeur abominable…
Après le frigo, le lave vaisselle.
Vous allez me dire, mais qu'est ce qu'on peut bien trouver à redire à un lave vaisselle ?
Chez vous, chez moi, rien.
Mais ici, le lave vaisselle c'est un peu la poubelle en second, en ce sens que l'on met souvent les couverts et assiettes sans se soucier de ce qu'ils peuvent encore contenir.
Alors la bécane, elle tourne souvent avec les restes de carottes râpées, de betteraves, de pates, de riz ou tout autre aliment ayant le tort de coller un peu.
Bien sur, ce sont principalement les enfants qui enfournent tout n'importe comment, mais enfin, ca ne serait pas compliqué de les obliger à vider leurs assiettes !
Mais non, il faut les laisser faire leur apprentissage de la vie, ne pas les contrarier…
Evidemment, soumis à de telles injures, le lave vaisselle rend celle ci dans un état de propreté plus que douteux.
Un lave vaisselle, normalement, ca ne sent pas mauvais et quand il a tourné la cuve est brillante.
Pas ici.
Il y a plein de trucs gras qui restent collés à l'intérieur …
C'est très agréable de manger dans des assiettes ou des restes d'aliments sont collés et boire dans des verres de même facture…
Une fois, les couverts sont sortis du lave vaisselle quasiment dans le même état qu'on les avait mis.
Disons qu'ils paraissaient rincés, mais pas lavés.
Ca ne les a pas empêché de les mettre sur la table tels quels !
Bien sur, ils se sont posé des questions sur le pourquoi d'un tel résultat.
Ils en ont déduit qu'il n'y avait plus de produit.
Moi, je n'ai pas mis mon nez dans l'affaire, marre de leurs conneries et dégoutté d'avoir du en plus manger dans des assiettes crados.
Parce que vous, il vous arrive un truc comme ca, vous relavez tout à la main, évidemment.
Eux pas !
Bref, y'a plus de produit vaisselle, il faut aller en acheter;
Comme l'après midi je dois aller faire un tour au Leclerc, je leur propose de ramener du produit.
Le soir, redémarrage et le lendemain, vaisselle dans le même état.
Croyant leur être agréable, j'avais acheté le moins cher des produits.
Erreur fatale, le mauvais lavage venait maintenant du produit bas de gamme que j'avais acheté, et, comble du malheur, ce n'était pas un produit bio !
J'essaie de leur expliquer que si ça ne lave pas, c'est qu'il y a sans doute un problème dans le fonctionnement du lave vaisselle.
Mais non, c'est la faute à mon produit, ( même si au départ ce n'était pas lui dans la machine !)
Et les voilà partis acheter " leur " produit, un machin bio vendu quatre fois le prix de l'autre.
En attendant, on mangeait dans des couverts et verres de plus en plus immondes…
Remplissage avec le produit miracle, un tour de lavage, et … même résultat.
Il a fallu qu'excédé je mette le nez dans la machine pour découvrir qu'en fait, tous les trous des bras aspergeurs étaient bouchés à force de pomper toute la merde que l'appareil ingurgitait.
Nettoyage et on a pu enfin avoir des couverts propres.
Vous pensez bien que je leur ai fait la leçon sur la façon olé-olé qu'ils avaient pour remplir le lave vaisselle.
Peine perdu, rien n'a changé !
( et trois semaines après avoir écrit le passage ci dessus on en est au même résultat ).
Plus haut, je parlais des repas, mais des choses me reviennent maintenant.
Outre l'ambiance de quai de gare, la variété et qualité des plats est du même tonneau.
Certes, je ne suis pas ici pour faire des repas de gala, mais quand même, on les paie…
Leur grande spécialité, c'est les salades, à toutes les sauces et tout le temps.
Avec deux grandes spécialités: les carottes râpées et les betteraves…
Ils n'ont jamais demandé à personne si on aimait les betteraves.
Moi, les betteraves, je déteste ca.
Je sais pas, peut être que bien préparé c'est bon, mais ici j'ai l'impression de manger de la terre…
Et parfois, on en mange quatre fois la semaine.
Encore, quand il y a assez de vinaigrette, on arrive à faire passer tout ca, mais ils ne savent justement même pas faire une vinaigrette !
Vinaigre et huile, c'est tout: même pas un peu de moutarde.
Parfois, on a l'impression de manger des trucs à l'eau.
Mais eux se régalent, persuadés que les omégas 3 ou la vitamine gogo forcément contenus vont leur assurer une vie exempte de maladies.
Hormis leurs saletés de graines et autres pousses douteuses, jamais un morceau d'ail pour rehausser un peu le goût.
Même le sel est restreint.
La salade, n'importe qui enlève quand même les feuilles flétries, abîmées ou pourries.
Pas ici.
Souvent, il n'y a d'ailleurs qu'un seul plat: une salade dans laquelle on met tous les restes séchés du frigo.
Ailleurs, ce serait bon, ici c'est juste mangeable, et encore, parce qu'il faut bien manger.
Mais on n'a pas le choix.
Depuis au moins deux mois, on est nourris à la courgette/aubergine à toutes les sauces et presque tous les repas.
Ca ne les dérange pas de faire des pâtes le midi et re-pâtes le soir.
Ou encore saucisse le midi et saucisse le soir.
Mais attention, c'est une saucisse ou merguez chacun, pas une de plus.
Pas dépasser le quota de protéines conseillé par madame la bio énergéticienne !
Ils sont aussi tout à fait capables de faire des tomates salade en entrée et ensuite encore de la salade.
Je n'ai jamais vu une seule fois des pommes de terre sautées qui sont pourtant un plat de base de notre cuisine !
Quand ils font des œufs, il vaut mieux ne pas avoir faim.
Les œufs sur le plat ( toujours cramés, à tel point que je me suis proposé de les faire tellement ca paraît compliqué ! ): ils font cuire un œuf pour chacun, et comme elle achète les œufs les plus petits possibles vous voyez ce qu'il peut y avoir dans l'assiette…
Alors j'ai quand même réussi à en avoir au moins deux, voire trois, à chaque fois: faut pas exagérer.
Les omelettes sont du même tonneau, ils mettent onze ou douze œufs d'oiseaux pour neuf…
Une omelette comme ca, avec rien dedans, juste quelques œufs battus.
Et bien sur brûlée !
Je leur ai suggéré: des champignons de Paris ( pas chers ), quelques pommes de terres sautées ou même des pâtes pour donner goût ( et consistance…), peine perdue.
Trop compliqué…
Et pourtant, je ne peux pas dire qu'ils nous font pas ou mal à manger spécialement puisque la vérité m'oblige à dire qu'on mange tous la même chose, eux compris.
Et qu'eux se régalent !
On doit pas avoir les mêmes critères de goût et de besoins…
Et le plus incroyable, c'est que quand ils ont des invités, c'est pareil !
Par exemple, il y a quelque temps, ils ont invité un gars qui les a aidé pendant six mois à retaper la maison, gratuitement.
Le gars est donc venu avec sa femme.
Moi je pensais qu'on allait quand même faire un repas sortant de l'ordinaire.
Vous voulez le menu ?
Carottes râpées, ( si, si ),
Et pates.
Je ne sais pas ce qu'a pensé la dame…
Et encore, mon proprio s'est fendu d'une bouteille de vin à quatre euros.
Une bouteille pour huit adultes, on n'était pas trop bourrés.
Et on ne change pas d'assiette.
Une fois, ils avaient invité des gens et ils avaient fait en entrée des crevettes au gril.
Les assiettes étaient donc bien grasses après, mais on a continué à manger avec les mêmes…
Ceci étant, quand c'est lui qui cuisine, on arrive à avoir quelques plats acceptables, même s'il est incapable de comprendre qu'un poulet calciné c'est pas bon. (
le poulet, il le met à la broche pendant deux heures sans eau et sans jamais l'arroser ! ).
J'adore le poulet, et bien là j'appréhende quand ils en font !
A suivre